Photo: F. Chais

Brice Noeser

Ruminant Ruminant

Danse

*Notez bien qu'il y aura une rencontre avec les artistes et le public le vendredi 1 décembre, après la représentation.

Ruminant Ruminant amènera ses gros sabots sur les planches de La Chapelle dans sa nouvelle version de 50 minutes. Ruminant Ruminant se présente sous forme de saynètes, de jeux d'adresses, de pastiches dans lesquels mots, danse, musique et cinéma forment un objet dansant non identifié subtil et jubilatoire. Ça ne parle pas de bovins, ça ne parle pas d’amour, ça ne parle pas alsacien, mais ça parle de tout et de rien, chez soi, en studio, sur scène. Ça danse aussi, ça peut même chanter. « Ça » est né de l’union conceptuelle de Karina Iraola et de Brice Noeser pour un festival de jeux et d’interactions qui s’apprivoisent, le temps de comprendre où ça s’en va.

Karina Iraola et Brice Noeser s'attachent à (dé)jouer, à (dé)construire la parole, la pensée et le mouvement. Fins stratèges de l'impertinence et du non-sens, ils s’encombrent, s’emmêlent, se surchargent le corps et l’esprit de tensions, de tremblements, de positions contraignantes et de propos labyrinthiques.

Toute l'équipe de Ruminant Ruminant remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec de son appui financier. L'équipe de création est également reconnaissante des résidences offertes à La Chapelle, à la salle Iro-Valaskakis-Tembeck et au studio STABLE afin de retravailler sur la nouvelle version de ce duo. 

 

Brice Noeser a eu des idées et en a discuté avec Karina Iraola qui incarne la pièce avec lui. Catherine Tardif est venue plusieurs fois les assister durant le processus de création. Sylvie Nobert, accompagnée par Vincent Santes, a conçu les éclairages en plus d'en faire la régie et la direction technique. Michel F. Côté a offert une assistance sonore, Annie Gélinas a conçu des accessoires, et Sonya Stefan s'occupe des captations vidéos.

Ça fait 16 ans que Brice vit au Québec, 5 ans qu’il vit à Montréal, 11 ans qu’il danse et chorégraphie, 7 ans qu’il plonge dans les oeuvres d’Estelle Clareton, 3 ans qu’il danse dans Paradoxe Mélodie de Danièle Desnoyers et qu’il crée une nouvelle pièce avec Peter Quanz pour Montréal Danse. Ça fait plus de 10 ans que le langage l’obsède et qu’il le questionne dans ses oeuvres chorégraphiques qu'il a présentées dans 7 villes : Québec, Montréal, Alma, Winnipeg, Puebla, Tlaxcala et Mexico. Brice a été 10 fois subventionné et a travaillé 3 fois comme chorégraphe invité. Les 7 pièces qu’il a créées se sont intitulées: Mandragore, Brutus et Sabulle, Ulna, Barbarellus, Les Bipèdes Songeurs, L'importance du biceps lors de la lecture et Ruminant Ruminant.

Après les Ateliers de danse moderne de Montréal (maintenant l’École de danse contemporaine de Montréal), Karina rencontre le flamenco et le théâtre. Puis, elle rencontre Rae Bowhay, Pierre Lecours, Manon Oligny, David Pressault, Lynda Gaudreau, Lara Kramer, Thierry Huard, Brice Noeser (l’autre), les compagnies Mandala Sitù, Pas de Panique et Le Moulin à musique. Entre temps, elle rencontre ses propres créations au Studio 303, à Tangente, à Festivalissimo, dans les Maisons de la Culture de Montréal, au festival Vue sur la relève et au MAI (Montréal, arts interculturels). Enfin, pour mieux rencontrer sa propre démarche, elle entreprend sa maîtrise en danse à l’Université du Québec à Montréal.

Depuis les années 80, Catherine danse pour la Fondation Jean-Pierre Perreault, Carbone 14, Le Carré des Lombes, Cas Public, Fortier Danse Création et Montréal Danse. Elle fait aussi danser en Europe, aux États-Unis, au Canada, au théâtre, au cirque et chez Robert Lepage. Depuis 2001, la compagnie qu’elle codirige avec Michel F. Côté (Et Marianne et Simon - compagnie membre de Circuit-Est centre chorégraphique) met sur pied divers projets chorégraphiques.

En grec ancien photos veut dire lumière. Mais avant de s'intéresser à la lumière, Sylvie la capture en image. Après la photographie, elle se concentre sur l'éclairage de scène. En plus de la direction technique, elle éclaire les chorégraphies d'artistes indépendants sur diverses scènes contemporaines, notamment celles qui accueillent les Danses Buissonnières présentées par Tangente, et Les Printemps de la Danse dans le réseau des Maisons de la Culture de Montréal.

Brice par Marie, à partir de ce que Brice écrit de lui :

''Je travaille avec le mouvement et le langage. Peut-être que ça suffit à faire de moi un chorégraphe, mais je questionne l’emploi de ce mot pour signifier ce que je fais. C’est vrai que j’écris du mouvement, parfois. Mais pas seulement. J’ai une obsession du mot juste. Et comme les mots ne sont jamais totalement fidèles à ce qu’ils désignent, je me sers du spectacle pour créer mon propre langage, qui compose avec des sons, des mouvements, des mots et de la voix. Des éléments a priori disparates qui, mis ensemble, font sens. Sens pour le corps, sens pour l’intellect, parfois les deux à la fois. Ainsi je bricole mon propre monde, un monde qui s’incarne sans artifices, dans une sorte de réalisme inspiré du cinéma, qui joue du vrai, du faux, du trucage. Le mouvement prend tantôt la forme d’un jeu, tantôt celle de mécanismes rigoureux transformant le corps en objet sonore, mouvant, poétique, à travers une danse se déployant par les extrémités du corps, dans sa sphère périphérique, intimement reliée au langage. J’instaure avec le spectateur une relation directe, qui lui propose d’être davantage témoin que spectateur. J’essaie de lui montrer comment je transforme les choses, comment je crée la langue que je lui parle, pour qu’il puisse accéder à ce que je veux lui dire.''

 

Écrit à quatre mains avec Marie Mougeolle.